Vouloir toujours mieux

Le soleil s’est enfin montré sur Bordeaux, ce qui me rend d’excellente humeur. Mais cela ne m’empêche pas de râler. Rien ne m’empêche de râler, je plaide coupable.

Depuis longtemps, je voulais aborder le sujet de l’effet de notre société de consommation actuelle sur nos relations amoureuses. Comme ça, j’ai bien conscience que c’est un peu abstrait.

J’explique où je veux en venir : à l’époque de nos grand-parents (voire parents) on avait juste le choix de rencontrer quelqu’un dans la vie réelle, (au boulot, en soirée peu importe) et la séduction n’était pas la même. Les moyens de communications étaient très différents par exemple : pas de portable, pas de Facebook … Aujourd’hui la rencontre est plus que facilitée (coucou Tinder) et le contact est si aisé qu’il en perd tout son charme.

Du coup bon, je ne me plains pas. Contrairement à d’autres générations, je n’ai pas juste le choix d’épouser le seul qui me regarde parce que je ne pourrai pas en rencontrer un autre. C’est souvent la réflexion que je me suis faite (et qui est la base de mon plaidoyer pour Tinder), que j’ai la chance d’être née dans une génération où l’on a le choix de pouvoir rencontrer des gens qui habitent ailleurs, qui ne fréquentent pas les mêmes lieux que nous, bref que l’on a aucune chance d’atteindre dans la vie réelle parce qu’ils n’appartiennent tout bonnement à aucun de nos cercles. Et j’ai d’ailleurs fait des rencontres topissimes de cette façon.

Même si tout ceci semble merveilleux, j’en viens à ressentir un arrière-goût assez amer à propos de cette possibilité infinie de rencontre, principalement sur deux points : d’une part la recherche perpétuelle du « mieux » et d’autre part sur le contact.

À propos de la recherche perpétuelle du mieux, Montesquieu disait que « Le mieux est le mortel ennemi du bien » . En amour plus qu’ailleurs, je crois qu’il est sage de s’appliquer cette maxime. Quand on ouvre Tinder, qu’il y a un catalogue d’humains plus fourni que le La Redoute printemps/été n’est fourni en robes, comment ne pas se dire « aller je regarde encore un peu je vais peut-être tomber sur un canon ». Et même lorsque l’on côtoie quelqu’un, quand on sait qu’il est si facile de rencontrer quelqu’un d’autre, il en faut de plus en plus pour nous retenir et résister à l’envie de plier bagages à la moindre difficulté. J’en viens à penser que les gens ne s’accordent plus de réelles chances de développer une histoire (qui pour moi repose sur une construction lente mais solide, je n’en démordrai jamais). Finalement, en ayant autant de choix, autant de possibilités, on n’a jamais été aussi seuls. On voit un mec / une nana, c’est cool, rien de particulier à lui reprocher mais en même temps on se dit que le coup de foudre nous attend peut-être ailleurs … et on tue le projet avant même qu’il ne soit lancé. C’est d’une tristesse absolue. Combiné au fait qu’aujourd’hui même dans ses relations il faut avoir du rendement j’ai bien peur que l’on aille tout droit vers une génération remplie de personnes qui ne savent plus aimer, qui n’en prennent plus le temps, qui se contentent de relations éphémères ou bâties sur du vent. On ne s’intéresse plus à la personne en face de nous, on attend un produit, que la société va nous fournir et qui correspondra à ce qu’on pense vouloir. Perso, j’ai longtemps pensé savoir ce que je voulais et il y a quelques mois j’ai su que je ne savais rien (coucou Jon Snow). Par contre j’ai découvert que je pouvais désirer ce que je pensais ne pas vouloir et aimer ce que je pensais trop éloigné de moi …

En ce qui concerne le contact, il est trop intense, trop rapide. On se file nos Facebook, Instagram, Snapchat … trop de photos, trop d’informations, une réalité biaisée qui conditionne notre image de l’autre avant même de l’avoir vraiment rencontré ou de s’en être fait une idée objective grâce à une simple conversation. Cette personne est si accessible virtuellement que tout le challenge se perd. 

En somme, il est temps de prendre le temps, de construire, d’avoir vraiment la volonté d’apprendre à connaître l’autre et de se donner une vraie chance. Il est temps d’accepter d’aimer et de ne plus s’échapper sous prétexte que ce n’est pas l’amour au premier regard.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close